Vieira da Silva, peintre
J'ai beaucoup d'admiration pour Vieira de Silva. Pour son travail et pour la femme qu'elle était.
J'ai découvert sa peinture en juillet 1999, à l'occasion d'une exposition qui lui était consacrée à la Maison René Char, musée Campredon de l 'Isle-sur-la-Sorgue. Je me souviens d'avoir glissé dans mon sac un bon nombre du très joli dépliant servant à la promotion de cet évènement : une reproduction d'une toile et au dos, le très poétique testament de l'artiste.
Comme cela était prévu depuis longtemps, la route des vacances me menait à Sienne quelques jours plus tard. De la Piazza del Campo, j'ai écrit puis posté quelques lettres et dans certaines enveloppes, j'ai joint le dépliant-testament qui devenait alors la plus inédite des cartes postales ! Quelques années plus tard, je retrouvai dans un roman d'Yves Simon, un testament attribué au peintre protagoniste de l'histoire qu'il racontait, et qui ressemblait étrangement à la "carte postale" que j'avais envoyée à l'auteur...
Je lègue à mes amis
Un bleu céruléum pour voler haut
Un bleu de cobalt pour le bonheur
Un bleu outremer pour stimuler l'esprit
Un vermillon pour faire circuler le sang allègrement
Un vert mousse pour apaiser les nerfs
Un jaune d'or : richesse
Un violet de cobalt pour la rêverie
Une garance qui fait entendre le violoncelle
Un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat
Un ocre jaune pour accepter la terre
Un vert Véronèse pour la mémoire du printemps
Un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage
Un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin
Un jaune citron pour la grâce
Un blanc pur : pureté
Terre de sienne naturelle : la transmutation de l'or
Un noir somptueux pour voir Titien
Une terre d'ombre naturelle pour mieux accepter la mélancolie noire
Une terre de sienne brûlée pour le sentiment de durée
Vieira da Silva - Testament

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